18 janvier 2018

Au creux de la nuit… les silences coupables

5 octobre 2017. Les remous de l’affaire Bill Cosby sont encore dans les esprits. Voilà que Hollywood est de nouveau ébranlé par un puissant séisme. Harvey Weinstein, puissant magnat de l’industrie cinématographique, est accusé de harcèlement sexuel par des dizaines et des dizaines de femmes dont Angelina Jolie, actrice, Ashley Judd, actrice (Star Trek, Sisters), Liza Campbell, écrivaine écossaise, Ambre Battilana Gutierrez, mannequin italienne et ancienne finaliste de Miss Italie, Rosanna Arquette, actrice (Pulp Fiction), Gwyneth Paltrow, actrice (Iron Man, Spider Man), Heather Graham, actrice (The Hangover), Claire Forlani, actrice (NCIS), Eva Green, actrice (Casino Royale, Miss Peregrine), Lena Headey, actrice (Game of Thrones). La liste n’est pas prête d’être close.
4 novembre 2017. Kevin Spacey se fait évincer de la série « House of Cards ». Cinq jours après, Ridley Scott décide de l'éliminer des scènes de « Tout l'argent du monde », son film sorti en salle à Noël 2017. Dans la foulée, James Toback, producteur, est accusé d’agressions sexuelles par plus de 300 femmes de l’industrie du cinéma, dont les actrices Rachel McAdams et Selma Blair.
Les grands media emboîtent le pas. Charlie Rose, présentateur-vedette de la télévision américaine, est suspendu de CBS et PBS suite aux accusations de huit femmes. L’onde de choc s’amplifie et s’étend loin de son lieu de naissance, sous l’effet de centaines de déclarations publiées sous les hashtags #BalanceTonPorc ou #MeToo, pour atteindre l'entreprise, les médias et la politique. Les noms les plus inattendus sont éclaboussés : Woody Allen, Ben Affleck, Dustin Hoffman, Tariq Ramadan. La liste s’allonge chaque jour partout dans le monde, sous différents cieux, par-delà les océans. Sauf chez nous, dans notre belle contrée du nord-ouest de l’Afrique. Rien à mentionner. Le sujet nous est étranger.
Vraiment ? Pourtant…

Au creux de la nuit, lorsqu’en hiver le tonnerre déchire les ténèbres du ciel, qu’en été l’orage fait vibrer les murs des chaumières, qu’en automne les trombes de pluie dégoulinent le long des vitres, qu’au printemps la lune peine à éclairer la noirceur de la nuit.
Lui et son frère dorment dans une chambre au fond de la maison. Le reste des âmes se repose des peines du jour dans les torpeurs nocturnes. Lui n’arrive pas à dormir, les yeux désertés par le sommeil. Le silence fait écho à la tristesse de son âme. Ses larmes coulent comme l’eau qui tombe du ciel. Son cœur bat au rythme du roulement du tonnerre. Dehors, l’orage sévit pendant qu’une tourmente agite son être chétif. Près de lui, les ronflements de son frère couvrent les bruits de la nature déchaînée, l’empêchent de dormir. Comment s’assoupir quand chaque soir il endure la bestialité effrénée d’un proche dans sa chair ? Comment trouver le repos quand chaque soir son aîné viole son intimité d’adolescent ? Comment connaître la paix quand, nuit après nuit, un parent fragilise son être, martyrise son corps juvénile. À qui parler ? A qui s’en ouvrir ?  Évoquer son drame au grand jour ? Qui le croirait ? Désemparé, il ravale sa souffrance et attend le lever du jour, les yeux grands ouverts.
Demain il se composera un personnage éloigné de la victime du cauchemar nocturne. En attendant, que faire ? S’ouvrir à ses parents ? Aborder avec eux son malheur, eux si dévots, toujours muets au sujet de la sexualité avec leurs enfants ? À qui confier son terrible secret ? Qui le comprendrait, le déchargerait de son lourd fardeau. Ses amis ? Il a trop de fierté pour avouer que son frère le violente. Recourir à la justice ? Quelle idée saugrenue ! Par où commencerait-il une procédure judiciaire ? Quand bien même il saurait, pour rien au monde il n’étalerait son drame sur la place publique. Et puis, comment être sûr d’obtenir gain de cause et que la justice l’aiderait à panser ses blessures ? Ne dit-on pas qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. Et le bon arrangement pour lui, pour le moment, c’est se taire sur son malheur et sur son adolescence brisée ; continuer à porter sa croix la nuit, et afficher sa dignité le jour ; sacrifier le garçon assoiffé de justice en lui, et afficher l’enfant qu’il doit être pour sa famille ; renoncer à son droit au bonheur, et préserver le cocon familial, même en apparence ; ne pas chercher l’apaisement hors du cercle familial, pour pouvoir regarder les siens dans les yeux.

Elle est seule à la maison. Sa mère est partie voir sa famille. Ses frères sont au lycée et ne rentreront pas de sitôt. Elle fait ses devoirs dans sa chambre. Soudain, elle entend la clé tourner dans la serrure de la porte d’entrée. Le son des pas approche, s’amplifie. Arrivé devant de la porte, il hésite à rentrer. Saisie par une sourde angoisse, elle tremble comme une feuille dans le vent. Il pénètre dans la chambre, pose sa main sur son épaule. Une vague de dégoût monte de ses entrailles et la submerge. Il la prend avec ses mains caleuses, caresse sa poitrine naissante. Elle ferme les yeux, pour échapper à l’horreur du moment. Il la renverse sur le lit, la dénude, écorche son doux visage avec sa barbe de trois jours, insère son corps lourd entre ses jambes soyeuses d’adolescente. Elle voudrait crier. Aucun son ne sort de sa bouche. Des spasmes parcourent son ventre. Saisie de nausée, elle réprime son envie de vomir. Son intimité est saccagée par son père. Elle s’évanouit, part au loin de la répulsion qui inonde son corps prisonnier de l’étreinte incestueuse.
Repu de la dépouille de sa proie, le prédateur s’affale près d’elle dans la litière de ses tourments. Un terrible silence enveloppe la chambre. Elle panse ses blessures et s’interroge. Jusqu’à quand son père la martyrisera-t-il ? N’a-t-il aucune honte à violer le fruit de ses entrailles, assouvir son désir bestial, faire de son corps l’exutoire à ses pulsions ? Comment mettre fin au calvaire, aux violences infligées par son géniteur ? Son père, l’a-t-il aimée un jour ? Écrasée par les interrogations, déroutée par tant de bestialité, atterrée par le malheur, elle évolue tel un fantôme, dans le tombeau qui enveloppe le malheur des enfants violentés dans les nids parentaux ?

Combien d’êtres, tels ces deux adolescents, subissent les assauts ignobles de leurs proches, endurent le viol de leur intimité, étouffent la terrible adversité qui frappent leur innocence ? Avons-nous besoin de statistiques ? Un seul cas n’est-il pas déjà un cas de trop ?

7 janvier 2018. Hôtel Beverly Hilton. Hollywood lance la saison des récompenses du cinéma. Elle se clôturera quelques mois plus tard par les Oscars. La soirée de gala a une teinte particulière, plombée par l’ombre d’Harvey Weinstein, accusé par plus de 100 actrices et collaboratrices d’harcèlement sexuel et de viol, hantée par une litanie de grands noms de l’industrie (Kevin Spacey, Brett Ratner, Dustin Hoffman, John Lasseter, Jeffrey Tambor, Michael Douglas…), tous tombés de leur piédestal en raison des mêmes accusations. Dans cette 75e remise des prix de l’association des journalistes étrangers, les gagnantes auront été les femmes. Des militantes féministes étaient invitées, donnant lieu à des prises de parole fortes. La vague n’était pas près de retomber. Le dress code noir, observé par la quasi intégralité des invités symbolisait la protestation montante contre la culture machiste hollywoodienne. Le maître de cérémonie Seth Meyers déclara en ouverture : « Nous sommes en 2018, la marijuana est enfin autorisée, et le harcèlement sexuel, enfin, ne l’est plus. »
Moment fort, la productrice et actrice noire Oprah Winfrey, primée par le prix Cecil B. DeMille pour sa carrière eut ces paroles fortes : "Depuis longtemps, les femmes n'ont pas été entendues ou crues si elles osaient dire la vérité face au pouvoir de ces hommes. Mais c'est fini pour eux !", recevant une standing ovation et arrachant des larmes des actrices présentes.

Cela c’est Hollywood. Dans la lointaine Californie, les victimes du harcèlement sexuel prirent la parole et dénoncèrent les pratiques longtemps couvertes par des silences coupables.
En apprenant ce qui agite l’Amérique du Nord, comment ne pas songer à ce qui se passe chez nous. Cela, me semble-t-il, ne manque pas de gravité. Malheureusement, on n’entend guère parler du sujet, ou si peu. Le harcèlement sexuel ne fait pas partie de nos préoccupations immédiates. Les propos insistants, sms salaces, ou mains qui se baladent sur les parties intimes de personnes non consentantes, sont déjà des actes répugnants. Que des enfants subissent des sévices infligés par des personnes loin de tout reproche, au-dessus de tout soupçon…  leurs proches, cela est révoltant. Que leur tendre jeunesse soit violée dans l’endroit même supposé leur servir de refuge des agressions du monde extérieur, d’abri des turpitudes de la vie, cela est intolérable.
Piégés dans l’intimité du cocon familial, ils ne peuvent parler, n’osent se confier, encore moins se plaindre. Vivant leur malheur en silence, enfouissant leur épreuve en eux-mêmes, ils arborent le jour des mines qui cachent l’indicible épreuve qu’ils vivent la nuit. Jusqu’à quand ces victimes resteront elles emmurées dans un monde de silence ? Devront-ils attendre un Hollywood marocain, pour qu’enfin se réveillent les consciences, et qu’elles clament tout haut leur droit à la justice ? Jusqu’à quand garderons-nous les yeux fermés sur les cruautés qui se déroulent sous nos toits, sur des actes abjects perpétrés au creux de la nuit ? Refusons-nous de voir, ou répugnons-nous à admettre ?
Peut-être serions-nous tentés de dire cela ne me concerne pas. Cela se passe chez les autres, dans des milieux auxquels je n’appartiens pas. J’ai d’autres chats à fouetter ! Que chacun s’occupe de ses problèmes !
Erreur ! Les relations incestueuses n’épargnent aucune sphère humaine. Tôt ou tard, ce mal diffus frappe sournoisement, brise des vies, fracasse des enfances, stigmatise des personnes. Alors… laisser faire…. ou se départir de nos silences coupables ? Garder les yeux fermés sur les viols qui ont lieu dans l’intimité de nos chaumières… ou faire face à la triste réalité ? Rester insensible au mal qui ronge notre société et dévore nos foyers… ou quitter notre confort personnel et nous engager dans cette noble cause ? Peut-être avons-nous besoin de savoir comment et par quels moyens agir. Si tel est votre cas, comme c’est le mien d’ailleurs, n’attendez pas de cette réflexion qu’elle vous apporte des réponses toutes faites, encore moins vous recommander des remèdes magiques. Il n’y a pas de recette miracle. Cet aspect de la misère humaine est vieux comme le monde. Il faut une réflexion d’ensemble, une mobilisation des bonnes volontés pour une action concertée. Peut-être que nous rejoindrions des initiatives déjà engagées qui nous feront bénéficier de leur expérience et auxquelles nous apporterions nos énergies. Les pistes sont nombreuses : éducation, sensibilisation, écoute, suivi, accompagnement, justice… autant de facettes de solutions à apporter aux victimes et de traitement des prédateurs.
Alors, n’attendons pas l’émergence d’un éventuel Hollywood national. Apportons dès aujourd’hui notre contribution, partageons nos propositions, faisons part de nos suggestions et, pour les plus courageux d’entre nous, agissons. Mettons tout cela dans un espace de partage commun …. Il en sortira quelque chose. Ensemble, il sera plus facile de, sinon venir à bout du mal, du moins à en atténuer les effets.
Espérant vous avoir convaincu(e)s, je vous invite à rejoindre le groupe de discussion :


Contribuez à soulager la détresse humaine.

Par Rida Lamrini
À Bouznika, jeudi 18 janvier 2018

04 novembre 2017

Hamdi, conversation post-mortem

Hamdi, mon enfant. Les jours, les semaines, les mois passent. Et la douleur est toujours vive. Lorsque ce 30 août 2017 j’appris la triste nouvelle de ton funeste accident survenu en terre étrangère, je m’étais aussitôt réfugié dans l’écriture et avais confié ma douleur à des mots, espérant trouver l’apaisement, une catharsis, le soulagement dans un impossible deuil. Des milliers ont lu et partagé ce texte[1], tant tu es connu, aimé. Ton départ inattendu a été dévastateur, nous a laissé désemparés, aux prises avec la terrible réalité. Dans ma retraite loin de l’agitation des hommes, tu hantes mes pensées, occupes ma mémoire. Tu n’es tout simplement pas mort.

Hamdi, mon enfant. La disparition d'un être, intime ou simple relation, nous touche, nous affecte. La mort nous dépasse, nous fascine, nous accable. Un proche qui disparaît crée non seulement un vide dans notre vie, mais nous laisse avec un tas de questions sur nous-mêmes, sur le sens de notre existence. N’arrivant pas à réaliser que tu n’es plus de ce monde, je continue cette conversation avec toi.
*             *             *
Lundi 4 septembre 2017, nuit de tes funérailles. De là-haut tu nous regardais, tu avais tout suivi. Ton retour de Rome dans un cercueil scellé, ton émouvante entrée chez toi, ton départ le lendemain pour ta dernière demeure. Tu avais entendu nos sanglots, vu nos larmes, observé comme nos mines décomposées. Nous étions assommés, abasourdis, écrasés par ta cruelle disparition, hagards dans une surréelle veillée funèbre. Tu nous invitais à cesser nos pleurs, nous réjouir de la féérie de ton nouvel univers céleste. Tu voulais que nos plaintes se transforment en rires, notre peine en joie. Tout à notre souffrance, nous ne t’entendions pas, ne voyions pas tes signes.
Tu avais perçu ce qui échappe à l’œil, ce qui nécessite de se départir de ses sentiments pour saisir les menus détails qui révèlent la subtilité des rapports humains, les petits riens qui trahissent la fugacité des liens fugaces, indicateurs indicibles de la rémanence de ton action dans le monde que tu as soudainement quitté.
De tout cela je voudrais t’entretenir aujourd’hui, Hamdi, mon neveu, mon enfant.
*             *             *
Tes funérailles m’ont sorti de mon antre d’ermite, permis de revoir des proches et des amis. Il y avait foule. J’avais perdu l’habitude de voir tant de monde, ou même de voir du monde tout court. Tu étais connu, entouré, aimé, et tu donnais de l’amour. Même soucieux, tu avais un sourire pour l’autre. Normal qu’ils aient tous accouru dès que la triste nouvelle s’était répandue.
Celles et ceux que tu avais réunis autour de toi ce jour-là, avaient oublié pour quelques moments les projets, les appétences, la concupiscence qui les font courir d’habitude dans ce bas-monde. Tu avais rassemblé ceux qui s’aiment tendrement, ceux qui se jalousent secrètement, ceux qui se détestent ouvertement, ceux qui s’ignorent superbement, ceux qui affichent rarement leurs sentiments, ceux dont on ignore les sentiments, ceux qui aiment tout le monde, ceux qui n’aiment qu’eux-mêmes, ceux qui s’oublient dans l’amour des autres. Il faut de tout pour faire un monde. Ce jour-là, des miracles eurent lieu : ceux qui étaient en froid s’étaient rabibochés, ceux qui se détestaient s’étaient parlé, ceux qui s’ignoraient avaient conversé sur la mort, ceux qui s’étaient perdus de vue s’étaient retrouvés.
Tous te pleuraient, ne se faisaient pas à l’idée que tu sois parti à jamais.
Tout à la fois, ils s’embrassaient, partageaient leur peine, évoquaient ton parcours prodigieux, devisaient sur la futilité de la vie, avouaient leur faiblesse devant la mort, s’émerveillaient devant ta nature prodigieuse, reconnaissaient ta bonté, louaient tes accomplissements.
Par un miracle dont tu détenais le secret, tu les avais accordés dans leur affection pour toi autour d’une réalité qu’ils reconnurent plus ou moins ouvertement : dans ce monde les différends entre humains sont puérils, leurs antagonismes insignifiants, leurs projets éphémères, leurs vies un mirage qui dure ce que dure un clin d’œil. J’ai cru déceler dans les yeux de quelques-uns comme un regret du temps perdu à s’entredéchirer… à ne pas s’aimer… 
Hélas, des vérités évidentes ce jour-là, vite oubliées le lendemain !
Tout compte fait, le monde est toujours le même, il continue à tourner de la même manière, ses habitants ne sont pas prêts de changer ! Je peux retourner à ma retraite dans mon coin reculé.
*             *             *
L’atmosphère du salon devenait pesante. Avide de retrouver ma solitude, je me dirigeai vers la sortie. Près de la porte, j’aperçus D. Un proche que la vie n’a pas trop gâté. Discret, on remarque à peine sa présence. Timide, il a toujours vécu dans l’ombre des siens. Il se hasarde rarement sous les lumières des salons et fraye peu avec le « beau monde ». Fidèle à son habitude, il était resté à l’écart, près de la sortie. Il en va ainsi des gens de condition modeste.
Les yeux rouges, la mine défaite, il se jeta dans mes bras dès qu’il me reconnut et donna libre cours à ses larmes. Nous nous réconfortâmes comme nous pûmes puis, pour se soulager, il me fit part des bienfaits dont tu le couvrais, la pension mensuelle que tu lui envoyais, l’appui que tu lui apportais pour élever ses enfants. Hamdi était ma famille, mon frère, mon confident, m’avait-il dit. Lui disparu, j’ai tout perdu. Je ne m’en remettrai jamais.
Aux larmes que je versais pour toi, s’étaient ajoutées celles provoquées par le récit de D. Je le quittai, le cœur brisé, ému par ta bonté discrète envers les autres.
*             *             *
Je passai devant une des chambres loin du salon. L’endroit était calme et semblait désert. J’entrai, cherchant un peu de repos. C’est là qu’elle m’apparut… une silhouette menue, discrète, presque imperceptible. La tête penchée, elle pleurait, en silence. Elle releva la tête. Je la reconnus. C’était K., ta nounou. Elle fait partie de la famille. Nous avions grandi ensemble. Nous pleurâmes dans les bras l’un de l’autre. Inconsolable, elle me raconta tes attentions pour elle. Ce n’était pas pour m’étonner. Ce qui m’a étonné par contre c’est ta générosité assidue, régulière, profondément humaine.
Submergé par l’émotion, je continuai à déambuler dans les couloirs de la maison. Je tombai nez à nez sur R. Elle aussi avait besoin d’une épaule bienveillante pour se confier. Elle se jeta dans mes bras, pleura à chaudes larmes et partagea avec moi toute la sollicitude dont tu l’entourais, les sommes que tu lui envoyais, les bienfaits dont tu la comblais. R. était la domestique de cousins éloignés. Rien ne laissait deviner que tu puisses avoir avec elle des rapports de cette nature. Ton bon cœur te faisait chercher les petites gens, les êtres démunis, quels qu’ils soient, où qu’ils soient, pour veiller sur eux, soulager leurs peines, leur apporter du réconfort.
*             *             *
Le soir, à l’heure du dîner, ils étaient venus. De loin. De l’autre bout du continent. De la mythique corne de l’Afrique. Le fils du Président de Djibouti, l’Ambassadeur et une demi-douzaine d’officiels de ce pays que tu avais conquis par ton travail, discrètement, mais résolument. Sur ordre du Président, ils étaient venus présenter les condoléances de tout un pays. Ils étaient venus pour leur appréciation de ta créativité, leur admiration de tes compétences, leur amitié, leur affection. Ils t’avaient confié une ville à construire, avec ses artères de circulation, ses quartiers d’habitation, ses bâtiments sociaux, ses édifices publics, ses zones commerciales, ses parcs, ses jardins, son réseau d’éclairage, son assainissement, ses aires de loisirs, son aéroport… !
Tu m’avais parlé de tes projets à Djibouti. Tu m’avais montré le film où, comme survolant dans un hélicoptère la ville que tu avais conçue, on découvre ta création magique. Je pensais que c’était un projet de plus parmi tes nombreuses réalisations à l’étranger. Ta discrétion, ta modestie et ta réserve ne m’ont pas permis de mesurer à quel point du comptais dans le cœur et l’esprit des djiboutiens.
Ce soir-là, ils étaient effondrés. Comme si la foudre leur était tombée sur la tête. Ému, le ministre de transports m’avait affirmé : « Hamdi Lamrini est un être que l’on rencontre une fois dans la vie, et qui vous marque à jamais ».
Au dîner, j’étais assis en face du fils du Président. Il était visiblement affecté. Je le surprenais de temps à autre, pris de sanglots discrets. Il portait aussitôt sa main au-dessus de ses yeux pour cacher ses larmes, dissimuler son désarroi.
Bien au-delà de nos frontières, tu étais reconnu pour ce que tu étais, un créateur, un bâtisseur, un homme d’engagement, un homme de cœur. Un seul pays ne pouvait suffire à ta créativité. Le monde était ton pays.
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Avec le temps qui passe inexorablement, la douleur s’atténue, la peine s’apaise, la vie continue. Vendredi dernier, j’ai été me recueillir sur ta tombe, dans ce cimetière où reposent bien des proches disparus, ce cimetière où, chaque vendredi, tu allais fleurir la tombe de ton père et lire du Coran en sa mémoire. Une piété filiale que tu observais avec constance depuis son décès, un rituel assuré en ton absence par le fquih du cimetière, lorsque tu partais à l’étranger pour tes nombreuses affaires. Ce dernier n’avait pas tari de mots sur ta bonté et ta générosité, ni de prières à ta mémoire.
Son témoignage n’est pas unique. Les domestiques, tes employés, tes collaborateurs, les petites gens, de simples connaissances, tous louent unanimement tes bienfaits. Aujourd’hui, nombreux se sentent orphelins….
*             *             *
Hamdi mon enfant. Tu as laissé derrière toi une famille éplorée, des proches dévastés. Tous, ta famille, tes proches, ceux qui t’ont aimé, ceux qui ont travaillé avec toi, ceux qui t’ont côtoyé, ceux qui t’ont connu, ceux que tu as comblés de tes attentions, ceux auxquels tu as souri, ceux pour qui tu as eu une bonne parole, ceux que tu as aidés lors des moments durs, ceux que tu soutenais en silence… tous n’arrivent pas à t’oublier… tous continuent à prier pour le repos de ton âme…. à chaque instant de la journée… au creux de la nuit.
Mais la vie continue, et tous essaient d’apprendre à vivre sans toi.
Tous…. sauf une personne… Une personne n’arrive pas à se relever du coup du sort qui t’a arraché à son amour. Une personne se consume dans une douleur infinie. Une personne pour qui la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. Comme si elle voulait te rejoindre. Là où tu es. Une personne pour qui tu as compté plus que tout, et qui a compté plus que tout pour toi. Ta mère. Elle n’arrive plus à vivre sans toi, sans la relation fusionnelle qui vous liait. Puisse le Tout-Puissant lui donner la force de surmonter cette terrible épreuve, s’apaiser et retrouver la sérénité.
*             *             *
Le dernier soir que nous avions passé ensemble, chez toi près de l’océan à Bouznika, la température avait subitement fraîchi. Tu m’avais vu frissonner sous mon tee-shirt au moment où je m’apprêtais à partir. Tu étais vite retourné à la maison et m’avais ramené un pull-over. Tiens Tonton, tu m’avais dit, Papa le portait quand il venait chez moi. Garde-le Tonton et surtout ne prends pas froid. Dieu que tu étais prévenant mon cher enfant, la main toujours sur le cœur. Tu m’avais offert un bien qui appartenait à mon frère, un être que tu vénérais intensément, que j’aimais profondément. Depuis, comme un objet fétiche, il est le lien invisible qui me relie à ta mémoire, qui m’apaise, qui me donne le sentiment que tu n’as jamais quitté ce monde.
*             *             *
Hamdi, mon neveu, mon enfant. Dans cette bourgade de Bouznika où je me suis retiré, et où, quelques jours avant que tu nous quittes, nous avions passé deux week-ends de rêve, je te vois partout, je marche dans tes pas, je reconnais tes traces, j’hume l’air que tu respirais, je nage dans les eaux de la mer qui t’accueillait, je déambule dans les lieux que tu as fréquentés. Tu es avec moi, chaque minute, chaque jour, tout le temps. Je ne peux t’oublier.
Voilà mon cher enfant ce que je voulais partager avec toi depuis ton départ.
Cette conversation post-mortem est l’attache qui continue à nous lier. Un lien invisible, impérissable… jusqu’à nos retrouvailles dans l’au-delà.
Je t’aime Hamdi. Je t’aime mon enfant.


Rida Lamrini - 04 novembre 2017


03 septembre 2017

Hamdi, lumière des cœurs


Ta venue au monde avait éclairé le foyer parental d’une lumière qui ne s’était plus éteinte. 
Tu avais égayé le cocon familial, rayonné sur ton entourage, illuminé les cœurs. 
Toute ta vie, tu avais répandu le bonheur autour de toi, n’avais de cesse de voir le rire et la joie sur le visage des autres.
Tu aimais, et on t’aimait. Tu aimais ton épouse, ta compagne de vie, l’âme de ton foyer.  Elle t’a donné de beaux enfants que tu vénérais par-dessus tout, au-delà de ce qui est attendu d’un père. Tu aimais tes frères, comme si tu étais leur père. Tu aimais tes parents, ils étaient le souffle de ta vie.
Tu vivais pour les tiens, et pour ceux qui avaient eu la chance de croiser ton chemin.
Par ta gentillesse, ton humilité, ton amabilité, tu gagnais les cœurs.
Tu aimais la bonne histoire, celle qui déride, qui touche l’âme, qui enchante l’esprit. Tu aimais le bon mot, le mot fin, le mot intelligent, le mot esthétique.
Pour toi, rien n’était impossible. Avec ton incroyable énergie et ton inusable persévérance, dans ta terre natale et bien au-delà, tu avais remué des montagnes, bâti des monuments, créé des œuvres, érigé des villes.
Pour ton imagination fertile, pour ton goût audacieux, pour tes réalisations prodigieuses, les puissants de ce monde avaient recherché ta compagnie, couru après ta présence.  
Tu servais de modèle, de guide à ceux qui te côtoyaient, œuvraient avec toi, cheminaient avec toi.
Indéboulonnable comme un bulldozer, résolu tel un combattant, rien ne te déviait des objectifs que tu t’étais fixés, rendant du coup inappropriés l’entêtement et l’obstination que l’on te prêtait, laissant place à l’admiration et l’appréciation aussi bien chez tes proches que chez tes détracteurs. Quand bien d’autres avaient fini par s’épuiser à la tâche, tu continuais à abattre un incommensurable travail, comme mû par d’intenses charges électriques, à l’inépuisable potentiel.
Cela ne te valait pas forcément des amitiés ou des sympathies. La réussite et une forte personnalité ne garantissent pas d’être accepté par tous. Tes succès, fruits de tes convictions, mais également de tes antagonismes, contrastaient souvent chez d’autres avec l’irrésolution ou l’incapacité à entreprendre avec la même audace.
Fougueux, tu t’enflammais vite. Conciliant, tes éruptions s’éteignaient aussitôt. Fier, tu ne voulais devoir rien à personne, n’attendais rien de personne. Cela te valait moult inimités, mais tu n’en avais cure. Tu étais « WYSIWYG », sur ton visage on pouvait lire tes sentiments, de façon transparente.
Avec ton bouillonnante énergie, ton enthousiaste opiniâtreté, tu étais plein de vie. Tu étais la vie. Tu étais tellement vivant, que l’on ne pouvait t’imaginer autrement.
Pourtant, lors de ce fatidique 30 août 2017, il avait fallu se résoudre à l’impensable, à l’inimaginable, à l’inconcevable, à l’invraisemblable. Il avait fallu admettre que tu ne serais plus là pour répandre le bonheur. Tu ne serais plus là pour continuer ton œuvre de bâtisseur sans frontières. Tu ne serais plus là pour tes enfants, pour les tiens, pour ceux qui t’ont aimé.
Ce jour-là, dans une rue de Rome, par un matin calme, alors qu’enfin tu avais mis temporairement ta vie trépidante en pause, pour passer un moment avec tes deux enfants que tu adorais par-dessus tout, la Providence a décidé de t’enlever aux tiens et t’emmener vers Elle. Qu’elle ait ton âme en sa sainte miséricorde.
Deux semaines auparavant, au bord du sublime océan Atlantique, j’avais passé un week-end de rêve avec toi.  Je ne pouvais imaginer que c’étaient des adieux. Les chemins du Seigneur sont impénétrables.
Mais pourquoi utiliser le passé pour parler de toi Hamdi. Tu n’es pas parti. Tu ne peux pas partir. Tu es de la trempe de ceux qui marquent leurs contemporains, impactent leur temps, inscrivent leur nom en lettres indélébiles dans le panthéon de l’Histoire.
Tu es toujours vivant. Ta lumière continue à illuminer ceux qui t’ont aimé, à réchauffer les âmes qu’elle a pénétrées.
Tu continues à vivre dans nos cœurs. Tu resteras une lumière pour nos âmes.

Rida Lamrini - 03 septembre 2017






22 février 2017

Les Puissants de Casablanca - Le film

Les Puissants de Casablanca - Le Film

Après son essai « Le Maroc de nos enfants », Rida Lamrini nous livre dans ce roman l’univers casablancais étrangement familier des affaires. C’est aussi une période que l’on n’est pas près d’oublier, celle de la campagne d’assainissement, où les cartes avaient été brouillées, au point que des mondes qui ne devaient jamais se rencontrer ont été mis en contact, parfois très brutalement.
Observateur des mœurs sociales, l’auteur nous fait vivre une intrigue policière, prétexte à des portraits emblématiques.
Casablanca l'industrielle, la commerçante. Casablanca des petits métiers et de la grande finance. Ce sont des hommes et des femmes qui se croisent, et se heurtent avant de retourner chacun dans son monde, chacun dans ses codes, jusqu'au jour où une jeune fille disparaît.
Le destin de cette jeune fille, comme celui de sa famille, fait pénétrer le lecteur dans un monde parallèle au précédent, celui des petites gens qui survivent en marge de l'explosion économique de Casablanca. Le cadavre d'une femme est découvert dans un de ces beaux domaines, comme aime à en acquérir la grande bourgeoisie d'affaires marocaine. C'est un autre monde parallèle au précédent. Ils se sont croisés un jour, dans la recherche de l'argent et du plaisir facile. Les conséquences en sont dramatiques.
Autre univers, celui des jeunes entrepreneurs qui tentent d'imposer de nouvelles valeurs, de méthodes de gestion. Ils tiennent le haut du pavé intellectuel mais essuient de sérieux déboires dans leurs affaires parce qu’ils ne savent pas naviguer dans les règlements de comptes occultes qui agitent la société. En face de ces mondes et monde elle-même, la police est paradoxalement toute puissante et impuissante.
Le choc de ces univers modernes et traditionnels, où se côtoient riches et pauvres, dominants et dominés, est la toile de fond de l'action. Chacun a ses lois, lesquelles ne sont pas forcément la Loi…

Au delà des intrigues, le roman est une peinture sociale du Maroc contemporain, et une peinture qui bouge en même temps que bouge Casablanca.

Pour voir le film ; https://www.youtube.com/watch?v=tN5fa05IMoQ

16 décembre 2015

Zoulikha Nasri… la Grande Dame


La disparition d’un être n’est pas un fait anodin. Tombée comme la foudre, celle de Madame Zoulikha Nasri l’est encore moins, tant elle a empli discrètement le quotidien de milliers de ses concitoyens.
Que dire dans ces conditions, sinon que nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons.
Que dire sinon que témoigner ici-bas, en espérant que notre témoignage sera retenu là-haut.
Et les souvenirs affluent. Précis. Émouvants. Des souvenirs de tranches de vie simples, mais qui montrent la grandeur d’âme de ce petit bout de femme.
Comme lorsque ce jour où, elle vous invite à partager sa réflexion sur un projet parmi les nombreux projets sociaux qu’elle monte infatigablement chaque année pour les jeunes, les femmes, les handicapés, les micro-entrepreneurs, les associations, les coopératives… bref pour les démunis parmi notre population.
Et tout étonné d’avoir été convié à cet exercice de haut niveau, réservé plus aux hauts personnages du pays qu’à des individus lambda, vous rejoignez le lieu de la réunion, mi-ému, mi-impressionné. Gagné par le trac, vous pénétrez dans son bureau, ne sachant pas comment la saluer. C’est la Conseillère du Roi !
Et au moment vous franchissez le pas de porte, et que vous êtes sur le point de trébucher à la vue de ces grands pontes qui l’entourent, la voilà qui se lève du fond du bureau, toute menue et ô combien impressionnante et, vous appelant par votre petit nom, vous accueille avec un sourire avenant qui illumine son visage. Puis, elle vous tend la main et vous invite à vous assoir près d’elle, au milieu des personnalités impressionnantes qui l’entourent, comme si vous aviez toujours fait partie de son aéropage. Rien moins que cela !
Et lorsque les choses sérieuses débutent, et que la discussion est ouverte sur ce nouveau projet pour les jeunes entrepreneurs qui lui tient à l’évidence tant à cœur, elle s’adresse à vous comme à une vielle connaissance, et vous demande de l’éclairer avec votre expérience. Comme si vous étiez cet expert rare dont l’input va fondamentalement impacter le projet qu’elle a pris soin de concevoir et de configurer avec d’éminents experts du pays. Étrange et enivrante impression, vous vous sentez valorisé comme vous ne l’avez jamais été dans votre vie.
Péniblement, vous essayez de contrôler le trac qui s’est emparé de vos sens, d’oublier l’imposante assistance. Prudemment, vous vous lancez dans vos propositions, tout en observant dans son regard si vos paroles suscitent chez elle un lointain et improbable intérêt. Arrivé au bout de vos propos, et après le point final de votre digression, vous jetez un regard furtif sur l’assistance, levez les yeux sur elle et, le cœur battant, attendez le verdict, sûr que vous avez raté l’occasion de votre vie pour briller, pour apporter une valeur ajoutée, ou tout juste pour être à la hauteur de son invitation à partager sa réflexion. Les quelques secondes qui s’écoulent avant sa réaction vous semblent une éternité.
Finalement, la Grande Dame vous délivre avec moult remerciements de vous être donné la peine d’avoir répondu à son invitation, vous dit qu’elle vous a écouté attentivement, vous affirme tout l’intérêt qu’elle a eu à vous écouter, et vous assure qu’elle a pris bonne note de vos propositions et vos recommandations. Le timbre de sa voix, son regard appuyé, la chaleur de ses propos ne laissent aucun doute sur sa sincérité. Des propos qui mettent du baume sur votre cœur, qu’elle prononce également à l’égard de tous les participants, faisant sentir à tout un chacun combien elle a apprécié sa contribution.
Sitôt la réunion terminée, elle est la première à se diriger vers la sortie. Non pas pour quitter la salle, mais pour prendre congé de ses visiteurs, un par un, avec pour chacun un mot gentil qui illuminera le reste de sa journée.
Comment oublier ce petit bout de femme qui, infatigable telle une fourmi, mais remuant des montagnes comme un éléphant, nous a marqués par la simplicité de sa personne, la richesse de son œuvre, la profondeur de son abnégation pour son pays et pour son Roi.

Zoulikha Nasri, tu as été dans nos cœurs, tu resteras dans nos mémoires, tu fais partie de notre histoire. Tu as été une Grande Dame, NOTRE Grande Dame.

Rida Lamrini - 16 décembre 2015

16 octobre 2014

L'ouvrage : Le monde n'est pas facile à croquer... dans une chronique

Les chroniques de l'année 2012 viennent d'être publiées dans l'ouvrage : Le monde n'est pas facile à croquer... dans une chronique. Il peut être trouvé dans toutes les bonnes librairies.
Comme il peut être commandé directement auprès de l'auteur : rlamrini@menara.ma


À l’origine, le quotidien Aujourd’hui le Maroc invita l’auteur à tenir une chronique chaque mercredi sur ses colonnes. Or, si un roman s’écrit autour d’une fiction, sans contrainte de temps, une chronique exige un sujet nouveau à chaque fois, en un espace limité. L’exercice se complique par une posture en retrait de l’actualité, et un regard décalé sur nous-mêmes, notre société, nos politiques, notre monde.
Bien souvent, l’auteur resta figé devant l’écran noir. Des fois la chronique résulta d’une inspiration : Les clés du bonheur, d’un coup de cœur : L’héritage des géants, d’une émotion : Et puis vint ton tour de partir, d’un vécu : Les lutins du bonheur, d’un personnage : Mon coiffeur, d’une rencontre : Mon chauffeur de taxi.
Les bizarreries de la vie ont dicté Exister… mais sur papiers, ou Tribulations d’un cycliste en ville. Un trop plein d’émotion  déclencha : Quand il ne reste qu’un seul mot. L’état du monde inspira Illisibles incertitudes. Du doute a surgi M’as-tu vraiment aimée un jour ?
Semaine après semaine, les chroniques se sont enfilées pour former Le chapelet de jours.
Ce recueil est une incursion dans l’univers du chroniqueur qui tente de saisir Un monde qui ne se laisse pas facilement croquer… dans une chronique.


Ingénieur, manager et juriste, Rida Lamrini s’implique tôt dans la lutte contre la pauvreté, à travers le mouvement qui a initié le microcrédit en 1992. En 2001, il est membre fondateur et Président de l’association INMAA et de la Fédération des Associations de Microcrédit qu’il préside entre 2001 et 2008. Sous sa présidence, le Maroc a été primé par les Nations Unies en 2005, Année Internationale du Microcrédit.
En 2009, il crée la Fondation du Jeune Entrepreneur, dédiée à l’appui des jeunes ruraux dans la concrétisation de leurs projets d’entreprises.
En février 2012, Rida Lamrini participe au Groupe de travail constitué par la Banque Mondiale, le CMI, l’OCEMO, Plan Bleu et FEMISE en vue d’élaborer des recommandations aux décideurs des pays de la Méditerranée lors de la conférence de haut niveau sur l’économie verte en Méditerranée de mai 2012, conférence liée à la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable Rio+20 programmée pour les 20-22 juin 2012.
Rida Lamrini est également membre du Groupe d’experts (MSEG) en CPD (Consommation et Production Durable) chargés d’élaborer la stratégie d'intégration de la CPD/économie verte dans la Convention de Barcelone (Plan d'Action pour la Méditerranée)
Expert en croissance et métiers verts, il est membre du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme (2007 – 2011).

Engagé dans les débats de son époque, son témoignage est constitué de chroniques hebdomadaires (ridalamrini.blogspot.com), et de huit romans et essais publiés entre 1998 et 2009.

Jeudi 16 octobre 2014